Les Professionnels viennent de nous époustoufler. Ils ont interprété avec brio plusieurs nouveaux morceaux audacieux de leur album fraîchement sorti. Quoi, bon sang ?, et ils nous ont offert trois titres des Sex Pistols à l'occasion du 40e anniversaire de Never Mind The Bollocks. De quoi donner envie à un spectateur de grimper sur le devant de la scène et de plonger dans la foule peu accueillante, dans le but de revivre sa jeunesse.
Bien qu'ils aient perdu quelques membres, The Professionals se sont produits au lancement de leur album au Garage comme s'ils jouaient ensemble depuis des années. Avant le spectacle, j'ai rencontré Paul Cook, ancien membre des Sex Pistols, et leur charismatique leader Tom Spencer à l'hôtel The Courthouse pour en savoir plus sur la renaissance du son de Les Professionnels.
So, how did Quoi, bon sang ? come about?
Paul : On a commencé avec les trois membres originaux moins Steve Jones. On est tous du coin et Universal venait de sortir une rétrospective des Professionals et on s’est dit qu’on allait se réunir, faire un peu les zouaves et se remettre à jouer. Ça sonnait super bien. Steve ne voulait pas s’impliquer parce qu’il est à Los Angeles, alors on a fait venir Tom et tout s’est enchaîné à partir de là. On ne voulait pas seulement jouer les vieux morceaux. C’est comme ça que le nouvel album a vu le jour. Faire avancer les choses, en fait, parce que c’est une nouvelle formation, de nouveaux Professionals et un nouvel album.
Tom : Le titre, c’est la dernière chose qu’on ait faite. C’est Paul qui l’a trouvé… en fait, c’est une phrase d’une des chansons qui s’appelle « Rewind ». Et bien sûr, quand on choisit un titre maintenant, on vérifie que personne ne l’a déjà utilisé, et la seule fois où on l’a trouvé, c’était un morceau de Bowie sur Low qui fête ses 40 ans cette année.
En quelle langue avez-vous écrit votre première chanson ?
Tom : On a fait quelques chansons, on les a écrites ensemble avec des guitares acoustiques et on a réservé des répétitions. Notre relation d'écriture s'est développée au cours de l'album.
Paul : On les faisait vraiment par lots de trois. On écrivait trois chansons ; « New Generation » était la première, et on a progressé à partir de là. Comme Tom l’a dit, on restait assis avec des guitares acoustiques à échanger des idées.
Qu'est-ce qui a inspiré votre hommage à Lemmy et Bowie dans ‘Gone, Going, Gone’ ?
Tom : Eh bien, cette chanson est la seule de l’album créditée à tout le groupe. C’était un vieux riff qui n’avait jamais été utilisé pour les Professionals d’origine. Juste le riff d’intro, alors on l’a repris à zéro. Il y a une histoire célèbre où Steve Jones s’est introduit par effraction au Hammersmith Odeon et a volé plein de matériel de David Bowie entre les derniers concerts d’Iggy Stardust ; c’est bien connu. Quand je travaillais au Hammersmith Odeon quand j’étais ado, Motörhead étaient en tournée et leur éclairage de scène « bomber » a été volé. Alors bien sûr, quand ils sont morts à un mois d’intervalle, j’y ai vu un lien intéressant. Pas seulement entre les deux, mais entre moi et Steve Jones. Et puis les paroles sont venues.
Vous avez mentionné Bowie tout à l'heure… y a-t-il un thème ?
Tom : C'est différent. On jouait juste au jeu des noms et qu'est-ce qui résumerait toutes les chansons. « Quoi, bon sang ? », c'est une sacrée déclaration. Est-ce une question ou un point d'exclamation ? Mais c'est les deux, non ?
Paul : C'est juste un commentaire sur ce qui se passe ; où on en est, pour le moment. C'est comme lever les mains au ciel et dire, putain, qu'est-ce qui se passe, tu vois ? L'album, en termes de chansons, est vraiment personnel. Juste grandir, vieillir avec une grâce discutable.
Vous avez terminé l'album avec 'Monkeys', qui est un clin d'œil aux dirigeants du monde ?
Paul : Ouais, c'est dans la même veine que ce qui se passe en ce moment. Des gens ou des moutons... qui suivent des moutons, en fait.
Tom : Des idiots qui suivent des idiots. Genre Donald Trump… c’est désespérant. On n’aborde pas vraiment la politique, mais c’est ce qui s’en rapproche le plus. Il n’y a pas grand-chose à faire. La plupart des gens sont cons comme leurs pieds. C’est juste, non ?
Paul : En ce moment, on vit une époque dingue. Je suppose que tout l'album est le reflet de ça, en fait. On écrit juste sur ce qui se passe pour nous dans le monde actuel.
Tom : On était en Amérique pour faire de la promo quand cette fusillade a eu lieu à Las Vegas. Donc on répondait à ce genre de questions, et puis un truc comme ça arrive. Et le même jour, Donald Trump a un problème… c’est dingue. Une station de radio a voulu passer Ted Nugent après avoir annoncé la nouvelle. C’est un membre de la NRA (National Rifle Association) ! C’est insensé !

Vous avez aussi une chanson sur l'Estrémadure. Est-ce que ça parle de cet endroit ?
Paul : Oui, c'est ça. L'idée d'« Extremadura » m'est venue en traversant l'Espagne en voiture. En traversant la campagne et en ressentant vraiment l'endroit. C'était comme une chanson où l'on se trouve soi-même, une sorte de pèlerinage où l'on découvre l'autre facette de la médaille, ce qui est génial dans la vie. C'était un endroit vraiment spirituel.
J'allais poser une question sur les invités... Comment saviez-vous qui appeler ?
Paul : Ça ne s'est pas fait avec le guitariste original et nous nous sommes séparés, malheureusement. Cela a laissé une place vacante pour une autre guitare. On a demandé à Steve de faire de la guitare, ce qui était super. Il était vraiment d'accord pour qu'on fasse Les Professionnels sans lui. Alors je me suis dit, on a un créneau là, je vais sortir mon répertoire pour appeler des amis.
Tom : Au fait, il a un carnet d'adresses super cool. Ce n'est pas un carnet d'adresses normal.
Paul : Donc je les ai appelés et ils étaient tous très enthousiastes. Ce qui était super. Il a fallu un peu les convaincre, certains, mais avec de la persévérance, on a fini par y arriver.
Tom : La persuasion, c’était juste pour les fainéants. Ce que j’ai découvert, c’est que certains des autres gars, Duff McKagan et Billy Duffy, étaient tous des fans énormes des Pistols quand ils étaient enfants parce qu’ils étaient un peu plus jeunes. Donc ils adoraient ça, ce qui était génial. La persuasion avec Steve Jones… il ne sort pas beaucoup… et Mick Jones.
Paul : C'était les Jones. Ce n'était pas un problème, ils ont juste besoin d'être un peu forcés.
Tom : Puis, on a fait venir Chris McCormack en tant qu'invité sur l'album et on a fait deux ou trois concerts comme ça, en l'invitant, mais après c'est devenu une évidence, c'était génial. Pour le prochain album, il sera intégré à part entière.
Alors, combien de temps a-t-il fallu pour monter l'album ?
Paul : Un an, par intermittence. On travaillait par lots… C’est long, pour faire un album ? Zak Starkey, le fils de Ringo, a eu la gentillesse de nous prêter son studio pour enregistrer tous les morceaux d’accompagnement. On a terminé avec Dave Draper aux Tower Studios à Worcester. On a fini là-bas. C’était un peu éparpillé.
Tom : Donc, vous passez du manoir de millionnaire de Zak Starkey à l’ancien bunker de guerre de Dave Draper dans une zone industrielle à l’extérieur de Worcester. Deux extrêmes, mais je pense que nous avons capturé ces extrêmes. Dave Draper est un grand producteur et la seule chose à faire est d’écouter le disque. Alors, pouvez-vous imaginer la maison de Zak Starkey ? Elle est pleine de trucs cool.
Étiez-vous facilement distrait(e) ?
Tom : Il a quelques-uns des meilleurs souvenirs au monde. Il y avait un panneau qui disait « wibbly wobbly way » et j'ai demandé ce que c'était. Et il m'a répondu que c'était le panneau de John et Yoko de l'époque où son père vivait dans la maison de John Lennon.
Paul : On dirait un Marc Bolan découpé dans une revue, qui dit « Pour Zak, amitiés. » Des photos partout… c’est génial.
Tom : Plus important encore, une photo de lui enfant assis sur les genoux de Keith Moon et apparemment ils ont toujours dit qu'il était né pour prendre ce poste car Zak Starkey joue maintenant dans The Who. Donc c'est assez génial.
Paul : Super environnement de travail. On a eu le temps de digérer ce qu’on avait fait. J’aurais détesté arriver là et faire tout en 28 jours. Ça peut marcher parfois, mais c’était bien de pouvoir prendre du recul, écouter et y retourner. C’était bien d’avoir le temps de faire ça.
Je me demandais, comme vous êtes sur Pledge Musique, est-ce que tout le processus a été beaucoup plus facile ?
Paul : C'est Tom qui a eu l'idée de le faire sur Pledge. J'étais un peu sceptique au début. Mais ça a été super, la réaction a été super. Ça vous donne ce petit peu de sécurité en fait, si vous n'avez pas l'argent et le temps de faire un album comme vous voulez qu'il sonne, sans vous précipiter et penser : "oh, combien d'argent nous reste-t-il ?".
Tom : Notre campagne Pledge a dépassé les 500 % maintenant. On n’a pas été gourmands en fixant un objectif énorme, on a fixé un objectif correspondant à ce qu’on avait déjà dépensé. Maintenant, comme on a dépassé ça, il faut qu’on réfléchisse comme une maison de disques et qu’on pense à comment on doit dépenser cet argent. On ne va pas aller au pub avec. On pourrait prendre un attaché de presse. On pourrait devenir une maison de disques. Et on a même décroché deux contrats d’enregistrement grâce à ça, un en Amérique et un en Allemagne, et ils vont sortir des albums séparément, et c’est grâce à la publicité que Pledge a générée. C’est très agréable tout ça !
Paul : Tout se passe à merveille, ça change agréablement. Avant, quand j'étais dans des groupes, tout était tellement chaotique. J'étais toujours à la bourre à la dernière minute. C'est agréable, cette fois.
Alors, est-ce que faire un album est votre partie préférée quand vous êtes dans un groupe ?
Paul : La façon dont celui-ci s'est déroulé, c'était super. Ça peut être une corvée parfois. Tom et moi étions en quelque sorte les principaux auteurs et enregistreurs sur celui-ci. D'autres fois, quand vous avez quatre ou cinq personnes impliquées, vous pouvez avoir trop d'opinions et chacun veut ceci et cela. Ça devient un peu contrôlant. Ça a été génial avec juste nous deux.
Tom : Je pense que l'idée, c'est de faire les deux. Mais après de très longues tournées, on a hâte de rentrer à la maison et de faire un album. L'idée, c'est donc d'alterner. Maintenant, c'est l'heure des bus de tournée !
Y a-t-il déjà une tournée prévue ?
Paul : Je pense qu'il faut laisser aux gens le temps de digérer les nouveautés. On pourrait en faire quelques-unes vers la fin de l'année.
Et ce sont 40 ans de Never Mind The Bollocks… Tu vas jouer des chansons des Sex Pistols au lancement ?
Paul : Juste pour le fun, comme au bon vieux temps. On ne les joue quasiment jamais avec Les Professionnels de toute façon. On s'est dit, vu que c'est jour pour jour nos 40 ans, on s'est dit qu'on en ferait deux, ouais.
Comment as-tu choisi les chansons ?
Paul : Ceux qui étaient les plus faciles à apprendre.
Tom : Il y avait un membre du groupe en particulier qui ne comprenait pas la science aérospatiale.
Paul : On va faire « Bodies » et « Pretty Vacant ». Pourquoi pas, quoi !
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